Détail du rapport

REVUE A MI-PARCOURS DES PROJETS AMPLIFYCHANGE

Du 20 au 24 avril 2018, a eu lieu au siège de l’Association Avenir NEPAD Congo, une revue à mi-parcours des projets financés par AmplifyChange en République du Congo. Cette mission avait été conduite par Claire Veyriras et Katherine Northcott, Technical Manager de ce Fond. Trois moments clés ont déterminé cette activité : état des lieux des subventions AmplifyChange, réunion avec les membres de la coalition DSSR et la restitution du rapport de l’étude sur l’avortement en République du Congo.
A la veille de la réunion de restitution, deux membres de l’Association Avenir NEPAD Congo, Dr Etanislas Ngodi et Ornael Mikhael Djembo, avaient participé à la rencontre organisée à Kinshasa, (RDC) par Amplify Change du 16-18 avril. Cette rencontre regroupant plusieurs organisations dont : la coalition Grossesses Non-Désirées, SOFEDI, GVP-MASAR, et Association Avenir Nepad Congo devait permettre à chaque organisation présente, d’échanger et partager les expériences avec d’autres bénéficiaires d’Amplify Change, améliorer le travail fait sur le terrain, faire un état de lieux des défis/leçons apprises et définir les perspectives ou encore élaborer des stratégies de réseautage et renforcer les partenariats avec Amplify Change.
ETAT DES LIEUX DES SUBVENTIONS
A l’occasion de la réunion de présentation des différents projets pilotés par l’Association Avenir Nepad Congo, le 20 avril 2018, l’occasion avait été offerte à l’organisation de présenter les défis et leçons apprises en matière de pilotage et mise en œuvre des projets en lien avec les violences basées sur le genre et les droits en santé sexuelle et de la reproduction.
Projet 1: -Renforcement des capacités pour la prévention et la réponse aux violences basées sur le genre en République du Congo », (1er mai 2016- 30 avril 2018)
Les principaux enseignements sont présentés ci-dessous : la conscientisation des femmes sur la nécessité de défendre leurs droits et de recourir aux services à leur disposition ; la mise en place des cadres de concertation avec les autres acteurs pour échanger et alerter les services compétents sur les violences basées sur le genre (Dispositif d’Appui d’Urgence aux Femmes Victimes des violences, Guichet d’Observation des Droits Humains, Cellules de veille); la prise en charge holistique des victimes des violences sexuelles à travers le paquet de services offert; le renforcement de l'engagement citoyen afin de permettre aux femmes de s’approprier de leurs droits et d’assumer pleinement leur responsabilité dans la lutte contre les violences à leur égard ; la production /diffusion des supports de communication sur les VBG (films, opus musical,)
Au nombre des défis à relever dans la phase du passage à échange du projet, il y a : le renforcement des capacités internes de l’organisation à travers la réactualisation des documents de politiques ; la prise en charge holistique des victimes des violences basées sur le genre ; le développement des capacités institutionnelles et opérationnelles des cellules de veille et des dispositifs d’appui d’urgence aux femmes victimes des violences sexuelles ; la vulgarisation de la ligne téléphonique d’urgence. Il sera question de revoir les modalités de diffusion, collaboration avec les sociétés de téléphonie mobile et autres stratégies de promotion du numéro et le renforcement de la mobilisation communautaire autour des droits en santé sexuelle de reproduction (groupe de surveillance, système de protection, etc.).

Projet 2 : -Accompagnement et défense des droits des victimes des violences sexuelles en République du Congo » (29 août 2017-30 août 2019) :

** Succès du projet
-Les activités ont concerné quatre volets : la prise en charge des survivantes (médicale, psychosociale, orientation et accompagnement juridique) ; la participation citoyenne autour des violences sexuelles (collecte des données, mobilisation communautaire et la solidarité sociale et mise en place dispositif d’appui d’urgence sur les VBG) ; les actions de plaidoyer (lobbying en faveur de la lutte contre les VBG, suivi du cadre législatif et renforcement du cadre de planification stratégique ) et le renforcement organisationnel et institutionnel.
-Production d'un opus musical de cinq titres et d'une série de quatre films sur les violences faites aux femmes et mise en ligne diffusés sur les chaines nationales et privées (DRTV, Top TV, RCJ, RCDN).
-Un guichet d'Observation des droits humains implémenté, pour l'alerte précoce, le monitoring des violations des DH et la PEC des survivantes.

** Attentes et défis
-Nécessité de se concentrer sur un nombre raisonnable d'activités pour être en mesure d'assurer la qualité du contenu, de la diffusion, mais aussi de l'analyse (contenu, impact, etc.) et réflexions. D’où le besoin de définir des objectifs SMART et indicateurs clairs et précis pour éviter d’être trop ambitieux.
-Insister sur des données qualitatives et pas seulement sur la quantité en ce qui concerne la communication pour le changement des normes sociales.
-Revoir la stratégie de communication en ce qui concerne la ligne téléphonique d’urgence. Il est question de mettre l’accent sur les aspects suivants : les acteurs clés (qui répond aux appels), les messages (problèmes clés soulevés et leur impact sur les DSSR), le suivi des appels et coûts afférents, la base des données et sa sécurisation et la liste de référencement établis sur la base du document de cartographie (types de services, mappage territorial, interventions, etc.).




Projet 3: -Plaidoyer pour un avortement sans risque en République du Congo », (9 août 2017- 6 décembre 2018)

** Défis
-La sensibilité de la thématique et l’implication des autorités politiques administratives : question d’obtention des autorisations pour travailler avec les formations sanitaires ; suivi du cadre législatif et la disponibilisation des données statistiques.
-La nécessité de développer un plaidoyer portant sur le changement des normes sociales autour de l’avortement (lever des barrières, stigmatisations et tabous autour de l’avortement ; participation et engagement significatifs des pouvoirs publics à dépénaliser l’avortement, etc.).
-L’adaptation de la stratégie de communication (audience, contenus et formats, canaux de communications, dont les réseaux sociaux, les tribunes télévisées et émissions, etc.).
-La coordination de la coalition : nombreuses structures travaillant sur la thématique des DSSR réticentes (divergence des contenus, compétition, leadership, etc.)
**Succès du projet.
-Les activités prévues ont été réalisées avec succès en partie : A.1-Mise en place de la coalition des acteurs intervenant dans les DSSR (réalisation : 100%) ; A.2-Accompagnement de la coalition/groupe de pression (réalisation : 65%) ; A.3-Réalisation enquête/Etude sur l’avortement en République du Congo (réalisation : 25%).
-Cartographie des acteurs intervenant dans les DSSR réalisée avec succès : vingt (20) organisations identifiées dans différents champs (SSR, VIH, droits humains, VBG, santé et engagement citoyen) ; diversification des thématiques ; bonne base de données pour l’élaboration des plans de plaidoyer et des actions visant au changement des normes sociales.
-Fort ancrage institutionnel du projet : des démarches avaient été menées auprès des ministères clés (jeunesses, santé, promotion de la femme, plan) pour une bonne visibilité du projet.

REUNION AVEC LES MEMBRES DE LA COALITION DSSR

La réunion d’échange avec les membres de la coalition DSSR, le 23 avril 2018 a connu la participation de treize (13) structures, dont ; RENAPC, Avenir NEPAD Congo, RAMD-Congo, AJD, CNDHP, ASI, Congo Maison Commune, Fraternité du Saint Rosaire, CARMA, Global Participe, AFSIS, AMCU et ACBEF. Ces organisations interviennent sur la promotion et défense de la SSR, le VIH, les personnes vivant avec handicap, les violences basées sur le genre et les droits humains.
Après le tour de table sur la présentation et le rôle de chaque organisation dans le mouvement en faveur de l’avortement, la réunion s’est déroulée autour de quatre points, susmentionnés dans le programme : l’introduction d’AmplifyChange, la présentation de la situation actuelle de l’accès à l’avortement ; les stratégies de plaidoyer et la communication basée sur les droits et le renforcement du réseau et opportunité de financement d’AmplifyChange.



RESTITUTION DES RAPPORTS DE L’ETUDE SUR L’AVORTEMENT A RISQUE

Trois moments clés ont marqué cette activité : la présentation des termes de référence, la présentation des drafts de l’étude et la séance des questions-réponses.


La pratique de l’avortement en République du Congo est condamnée par une législation particulièrement restrictive. En dehors du Code pénal, il y a d’autres lois restrictives tel que Le code de déontologie des professions de la santé et des affaires sociales. L’avortement est largement reconnu comme étant un problème complexe, difficile à aborder, puisqu’il est nié et occulté. Dans 99% des cas l’avortement est illégal. Il néanmoins permis pour des raisons thérapeutiques., L’absence des données statistiques ne permet donc pas de déterminer le taux d'avortement moyen, la fréquence de l’avortement, le stade de la grossesse au moment de l’avortement, la personne qui a pris la décision d’avorter, les raisons qui ont motivé cette décision, la procédure, le lieu, le type d’assistance ainsi que les complications post-abortum, etc.
Toutefois, pour contribuer à une meilleure connaissance de la pratique au Congo, des questions sur l’avortement ont été intégrées dans le questionnaire de l’Enquête démographiques et Santé (EDS) de 2012, précisément dans la section relative à la reproduction.
Les données ont montré que plus de 33% des femmes en âge de procréer ont recours à l'avortement. Pour approfondir la réflexion et produire des données statistiques soutenues par des sources bien connues, il a été lancé un appel pour recruter des consultants ayant une expertise sur la question.
Les rapports de ces études seront publiés dans ce site web.

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